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#4 – Les épreuves / Les organisateurs

Les épreuves sont notre premier maillon, notre première ligne (terme à la mode ces jours-ci). Elles sont notre vitrine et souvent on sait que le triathlon existe dans la ville que parce qu’une épreuve y est organisée. Ils sont aussi le principal, voir dans certains cas l’unique, vecteur de communication sur les médias audiovisuels.

Organiser une épreuve, l’acte créateur de notre sport.

Parlons de son arrivée en France. Le triathlon est né parce que quelqu’un a un jour organisé une compétition et l’a proposée à des sportifs. Ensuite sont venue les concurrents qui se sont regroupés pour pouvoir s’entrainer.

Ces pratiquants ont créé des associations qui après d’épiques vicissitudes se sont regroupés en CONADET (Comité national pour le développement du triathlon) sous l’égide du CNOSF et des trois fédérations délégataires de la natation, du cyclisme et de la course à pieds. Ce jour-là les associations sont devenus des clubs et les pratiquants, pour beaucoup, des licenciés. Cette structure a ensuite pris son indépendance pour devenir la Fédération Française de Triathlon.

Bien sur entre temps d’autres épreuves avaient vu le jour et le triathlon a commencé à se faire connaitre.

Notre origine nous la retrouvons donc bien dans les épreuves.

La places des organisateurs dans notre vie sportive

Nous nous en rendons compte aujourd’hui avec l’annulation en cascade des épreuves à cause de la pandémie, les prises de licence en ce printemps 2020 essuient un recul par rapport aux années précédentes. Les manifestations sont le moteur de toute notre vie sportive et fédérale. Sans épreuves pas de motivation pour pousser la porte d’un club car pas d’objectif et pas de préparation à mettre en place. Aujourd’hui encore les épreuves notre moteur.

Un boulot difficile, très difficile et des responsabilités énormes

Pour préciser certaines choses : J’ai parcouru tous les fonctions et assumé toutes les responsabilités du monde fédéral, simple licencié, dirigeant et président de club, dirigeant et président de ligue régionale, dirigeant et vice-président fédéral et bien sûr organisateur et globalement les manifestations dont je préside l’organisation représentent 9 000 concurrents par an. Je sais donc en termes sportif ce que l’engagement signifie et ce que le mot organiser veux dire.

Organiser un triathlon ou tout autre sport se pratiquants dans des conditions similaires est le plus dur « job bénévole » que je connaisse. Je connais même peu de personnes qui assument dans leur vie professionnelles les mêmes responsabilités et qui font face aux mêmes difficultés. J’ai pour les organisateurs un très profond respect et j’estime qu’ils sont ceux qui doivent avoir le plus de soutien de la part de la fédération car organiser devrait être considéré par la FFTRI comme une œuvre « d’intérêt général ».

Il nous faut mettre gratuitement à disposition des organisateurs tous les outils et moyens nécessaires ou simplement utiles à la bonne réalisation de leur manifestation mais aussi tout mettre en œuvre pour leur faciliter la tâche. Il nous faut cesser de considérer qu’ils gagnent de l’agent et qu’il est donc normal d’en reverser une partie. Si organiser est si facile et rentable, pourquoi la fédération n’y parvient-elle pas ?

Il nous faut surtout cesser de les considérer comme de pourvoyeurs de fonds ou collecteur d’impôts car ils assurent une œuvre « d’intérêt général ». Lorsque l’on engage des frais pour une « Œuvre ou organisme d’intérêt général » même l’état en tient compte et accorde une réduction d’impôts (voir le CERFA n° N° 11580*03)

Laisser l’organisateur maitre de son évènement

Avant tout rappelons-nous bien que c’est l’organisateur qui a créé l’épreuve qu’il en est le responsable pour la qualité, le financement et la sécurité. Il doit aussi en rester le maitre sur tous les plans et nous n’avons pas à lui imposer une présence ni des règles qui pourraient ne pas convenir à l’image ou à la philosophie de ce qu’il a créé.

Nos règles et règlements doivent permettre à chacun de trouver sa place dans le respect des principes de base des sports enchainés dont nous avons la délégation. Il faut que celles ci soient adaptées au public et leur strict respect ne peut concerner que les courses labellisées.

En ou hors FFTRI ?

Voila une question que l’on ne devrait pas se poser. Qu’il ne devrait pas avoir lieu de se poser.

Par contre la bonne question est, à mon avis, « Pourquoi certains préfèrent-ils organiser sans la FFTRI ? »

Répondre à cette question par un dialogue avec les organisateurs c’est accepter de se remettre en cause accepter de réévaluer nos jugements et nos principes.

Tous les organisateurs participent au développement des sports enchainés qu’ils soient affiliés ou non, petits ou grands. Tous sont importants. Il est facile de dire que les organisateurs « indépendants » bénéficient du développement fédéral mais il est aussi possible d’envisager que la fédération et les clubs bénéficient de la vitrine médiatique offerte par les « gros » organisateurs hors giron fédéral.

Je constate simplement en me positionnant comme organisateur que le nombre de non licenciés, qui sont des licenciés potentiels si nous avons répondre à leurs attentes, représente une part très conséquente des participants et que ces non-licenciés sont attirés par ces épreuves médiatisées.

Il est temps de faire des analyses et de se poser les bonnes questions, sans idée préconçue et sans apriori.

Je rappelle ici le premier but de la FFTR selon ses statuts :

  • « Promouvoir, organiser et mener toutes actions propres à développer la pratique du Triathlon, du Para-Triathlon, du Duathlon (courte et longue distance), du Para-Duathlon, de l’Aquathlon, du Bike & Run, du Cross-Triathlon, du Cross-duathlon, des Raids, du Swimrun, du Triathlon des neiges, du Triathlon longue distance, du Triathlon relais mixte, du Triathlon sprint et des autres disciplines enchaînées »

Promouvoir les disciplines enchainées c’est par cette voie que nous développerons nos épreuves, nos clubs et donc la FFTRI.

En conclusion :
……..Aidons les organisateurs en leur facilitant la tâche.
…….. Rendons les maitres de leur œuvre.
…….. Allégeons leur charge financière et réduisons leur fonction rémunératrice pour la FFTRI.
…….. Réfléchissons avec eux à l’avenir des sports enchainés et à leur place dans cet avenir.

En attendant, faites connaitre le site www.innovatri.fr et la page Facebook Innovatri.

Jean Michel BUNIET

Prochaines publications

  • Les Concurrents, les pratiquants, les licenciés
  • Les Association, les clubs et les dirigeants

3 thoughts on “#4 – Les épreuves / Les organisateurs

  1. bonjour , comme ça fait du bien de vous lire ,j ai toujours pensé , depuis si longtemps et appartenant a la fédération voile en tant que licencié depuis 1980 et maintenant a la fftri que ce n ‘est pas la base qui doit aider l ‘appareil mais l appareil qui doit faire le nécessaire pour aider le sport a se développé ,cela concerne donc normalement la direction des sports ,l ‘état a travers les communes font ce qu ‘ elles peuvent pour aider financièrement ,parfois modestement mais toujours dans le respect de gestion de la commune ,l appui technique lors d ‘épreuve devant se faire a mon avis par le biais de la fédération ,sans aucune contrepartie ou modestement .
    ce message n ‘est pas là pour faire polémique sur les fondements et du passé de la fftri mais simplement un avis personnel ,j avais lors d un championnat voile fait remonté les avis des concurrents sur les tarifs et la ff voile avait évolué favorablement ,brièvement les tarifs étant prohibitifs
    veuillez recevoir mes salutations

  2. Bonjour,

    Je suis toujours surpris de savoir que n’importe quel organisateur d’une épreuve de sports enchaînés ( triathlon, duathlon , raid,…..) puisse organiser son épreuve en tout liberté sans que la federation délégataire( ou de la ligue) de cette discipline puisse avoir son mot à dire sur les règles de sécurité ou d’arbitrages.
    Une federation sportive ( ou sa ligue) doit pouvoir ou non son autorisation sur une épreuve dont elle est délégataire.
    Si un organisateur d’une épreuve sportive n’a pas l’autorisation de la federation ou de la ligue, les pouvoirs publics ne doivent ps autoriser cette épreuve.
    La fédération de triathlon de demain doit réellement faire pression sur le ministère des sports afin que celui-ci oblige a avoir l’aval de la federation pour organiser son épreuve ( pas d’autorisation , pas d”épreuve)
    Il y a un réel travail à faire auprès des pouvoirs publics dans ce sens là.

    Bien à vous

    Jean-Michel GALLET
    Triathlon Club de Douai

    1. Bonjour Jean Michel.
      En effet il est toujours surprenant de constater que des épreuves hors du giron fédéral se déroulent également sans que la fédération délégataire n’ai été sollicitées pour emmètre un avis voir dans certains cas même avec un avis défavorable.
      Tout d’abord rappelons que les fédérations et donc les Ligues régionales ne font qu’émettre un avis argumenté au regard des RTS (Règles Technique de Sécurité) et non des règles de course ou d’arbitrage qui ne sont à appliquer que pour les courses FFTRI. Il appartient toujours aux pouvoirs publics d’autoriser ou de refuser. Pour cela faut-il encore que les autorités concernées soient au courant de la délégation ce qui arrive fréquemment pour des pratiques associées comme le Bike & Run, le Raid ou le Swimrun. Pour ces cas-là il est facile pour nous de rattraper les années suivante en prenant contact avec l’administration concernée.
      Je précise bien que la fédération n’a de pouvoir que celui d’émettre un avis et la mairie ou la préfecture en tient compte ou non. C’est hélas le cas certaines fois surtout quand une épreuve se déroule sur le territoire d’une seule commune. Généralement les ligues régionales voir la fédération interviennent mais n’ont que la possibilité de rappeler leur rôle.
      Il y a une loi nous devons nos y adapter ou la faire modifier mais dans ce monde de plus en plus libéral la volonté politique (et européenne surtout) va de plus en plus vers une indépendance des organisations et des organisateurs.
      Il nous faut convaincre et fédérer car nous ne pouvons imposer.
      Au plaisir de te revoir.

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